Le féminisme ne plait pas toujours aux hommes, surtout en Russie

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Edito CB Expert – Quand un homme sur trois dans le monde pense que le féminisme fait plus de mal que de bien, et que la masculinité traditionnelle est menacée

Attention ! Sujet sensible ! On va parler féminisme et masculinité. Et faire un lien avec la campagne présidentielle, voire même avec la guerre.
Une semaine après la Journée de la Femme, à l’occasion de laquelle j’ai pu vous présenter quelques clichés persistants à travers plusieurs résultats d’études, je vous propose quelques chiffres sur les effets du féminisme et le devenir de la «masculinité traditionnelle».

En effet, le chiffre qui a le plus attiré mon attention la semaine dernière se trouve dans cette accroche d’une publication d’Ipsos: «Un homme sur trois dans le monde pense que le féminisme fait plus de mal que de bien»! Soit 32% des hommes sondés dans 30 pays, âgés de 16 à 74 ans. Mais aussi 20% des femmes partagent cet avis.
. Et combien en France ? 23% des sondés, 30% des hommes et 17% des femmes. Et au moins un candidat à l’élection présidentielle (si j’ai bien suivi).
. Quel est le pays le moins négatif par rapport au féminisme ? Sans conteste les Pays-Bas qui comptent seulement 15% d’hommes et 9% de femmes à penser que le féminisme fait plus de mal que de bien. C’est aussi le pays le plus positif par rapport au féminisme, avec 52% des sondés qui pensent le contraire. Juste devant la Suède (à 51%) – mais les Suédois comptent 25% de sondés ayant une perception négative du féminisme.
. Quel est le pays le plus négatif par rapport au féminisme ? Sans conteste la Russie. Avec 42% des répondants qui pensent que le féminisme fait plus de mal que de bien. Un taux qui grimpe à 56% chez les hommes russes (vs 29% des femmes russes), soit 24 points de plus que la moyenne mondiale. Et seulement 15% des Russes pensent que le féminisme fait plus de bien que de mal, le taux le plus bas des 30 pays observés. Nettement plus bas que l’avant-dernier pays: 24% en Arabie Saoudite ! Ainsi le féminisme est moins bien vu en Russie qu’en Arabie Saoudite, que dans les pays d’Amérique du Sud (Pérou, Mexique, Colombie, Argentine, Chili…) et d’Asie (Corée du sud, Malaisie…).

 

Je ne sais pas si le questionnaire a été parfaitement traduit dans toutes les langues – par exemple comment on traduit «masculinité traditionnelle» en russe… Le concept n’étant déjà pas si évident en français.
Je ne sais pas si les Russes peuvent encore répondre à une enquête sociétale en exprimant le fond de leurs pensées.
Je ne sais pas s’il y a un lien quelconque entre la menace ressentie d’une perte de masculinité traditionnelle et le le fait de mener la guerre à ses voisins.

Mais je vous livre cet autre résultat de l’étude Ipsos, réalisée avant l’invasion de l’Ukraine (entre le 21 janvier et le 4 février):
. 58% des hommes russes (et 58% des femmes russes !) pensent que la masculinité traditionnelle est menacée.
. La Russie est de très loin le pays qui adhère le plus à cette idée, devant la Hongrie, la Malaisie et les Etats-Unis.
. Dans le monde, ce sont 33% des hommes et 25% des femmes qui pensent que la masculinité traditionnelle est menacée. En France, c’est encore moins: 26% des hommes et 18% des femmes. Etonnant? L’Italie est le pays le moins «inquiet» pour la «masculinité traditionnelle» (16% des hommes et des femmes).

Je vous livre 3 autres résultats de l’étude, que vous trouverez peut-être effarants:

. 18% des sondés pensent que les inégalités hommes/ femmes n’existent pas vraiment (18% en France, 20% en Russie).

. 15% des sondés pensent que les femmes victimes de violences ont en fait souvent provoqué leur agresseur (7% en France, 24% en Russie).

. 15% des sondés pensent que les femmes qui disent être maltraitées inventent ou exagèrent souvent leurs déclarations de violences ou de viol (10% en France, 25% en Russie).

Méthodologie:
Etude menée sur la plateforme Global Advisor d’Ipsos auprès de 20 524 personnes âgées de 16 à 74 ans dans 30 pays, interrogées du 21 janvier au 4 février 2022.

 

Emmanuel Charonnat

 

 

 

 

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Ce qu’il faut retenir

. Un tiers des hommes dans le monde pense que le féminisme fait plus de mal que de bien (32%) et que la masculinité traditionnelle est menacée (33%).

. Ces taux grimpent à 56% et 58% chez les hommes russes, records observés dans l’étude Ipsos

. La France se situe en dessous des moyennes mondiales (23% et 22%)

. Les Pays-Bas est le pays qui reconnait le plus les bienfaits du féminisme et l’Italie est le moins «inquiet» pour la «masculinité traditionnelle»


Lire aussi :

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Accès à la publication d’Ipsos

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