Télétravail : bon alors… Paris c’est fini ?

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Edito CB Expert – Près d’un télétravailleur francilien sur deux prévoit de déménager dans les 5 prochaines années, visant des régions déjà très prisées

Le fera, le fera pas ? To be or not to be in Paris ?
Fin des années 80… Quand je suis arrivé dans la capitale à l’âge de 20 ans, venant du fin fond de ma province (le Pas-de-Calais pour ceux qui connaissent, aujourd’hui moins loin), c’était le rêve d’habiter à Paris, la promesse d’une vie trépidante, exaltante. Un rêve pas toujours partagé, je vous rassure (voir le clip «P.A.R.I.S.» de Taxy-Girl, 1984), mais plutôt majoritaire à l’époque. Un imaginaire qui pouvait créer des tensions entre Parisiens et provinciaux. D’ailleurs, quand je retournais dans ma province ou quand j’en visitais une autre, je me gardais bien, au premier contact, de dire que j’habitais à Paris. Pour ne pas passer pour un traître, pour un vendu au par(ad)is latin, j’étais toujours du Pas-de-Calais et j’avoue que cela m’arrive encore de le dire.

Voilà que maintenant Paris est associé au terme «exode». La Covid et le télétravail sont passés par là, après les pics de pollution, les vagues de chaleur, les grèves de transports, les bouchons, les attentats, et les manifs des Gilets Jaunes. J’en oublie certainement.

La vie des Parisiens (et de leurs voisins franciliens) est-elle encore enviable?
Pas vraiment de leur point de vue, si l’on en juge le second volet de l’étude du Forum Vies Mobiles réalisée avec l’ObSoCo auprès des télétravailleurs des entreprises franciliennes: «Télétravail : vers un exode des Franciliens?».
Le terrain ayant été réalisé entre le 17 et le 28 janvier 2022, ces données (publiées dans le 1er volet) sont peut-être élevées par rapport à la situation actuelle mais pourraient redevenir d’actualité en cas de nouveau raz-de-marée Covid:
. 48% de la population active francilienne pratiquaient le télétravail de manière régulière.
. La majorité d’entre eux (59%) travaillaient à distance 2 à 3 jours par semaine.
. Dans plus d’un cas sur deux (56%), les télétravailleurs en couple ont un conjoint qui a aussi la possibilité de travailler à distance.

De manière générale, les télétravailleurs franciliens prévoient davantage de déménager dans les 5 prochaines années (45%) que les moyennes de la population francilienne (36%) et de la population nationale (30%).

 

Le profil des télétravailleurs franciliens prévoyant de déménager dans les 5 prochaines années, par rapport aux autres télétravailleurs franciliens, est beaucoup plus jeune (54% de moins de 35 ans), féminin (64%), parisien (31%), bien rémunéré (44% de plus de 2500€ par mois), en couple sans enfant (33%), vivant en appartement (76%), télétravaillant plus de 2 jours (60%) et ayant un conjoint qui télétravaille (65%).

Pour plus de la moitié d’entre eux (52%), le projet vise à quitter l’Île-de-France et à s’installer dans une autre région: c’est donc près d’un quart des télétravailleurs franciliens qui prévoit de quitter la région dans les 5 prochaines années.

Un tiers des projets de départs d’Île-de-France sont influencés par le télétravail: 18% des aspirants au départ déclarent qu’ils ne le feraient pas du tout s’ils n’avaient pas la possibilité de télétravailler, et 13% indiquent qu’ils déménageraient probablement à un autre endroit.

Si les déménagements se concrétisaient, l’ensemble des territoires de l’Île-de-France perdraient des télétravailleurs en faveur d’autres régions: essentiellement la Bretagne et l’arc sud-ouest (Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Provence-Alpes Côte d’Azur). Les télétravailleurs franciliens visent ainsi des territoires déjà très attractifs et dont le marché de l’immobilier est de plus en plus tendu autour des métropoles et des zones touristiques, souligne l’étude.

Les mouvements de ces télétravailleurs (envisageant de déménager dans les 5 ans à venir au -delà de la petite couronne parisienne) profiteraient d’abord aux territoires de taille intermédiaire.

Le cadre de vie (climat, calme, proximité avec la nature, …) est la principale motivation pour les trois quarts des télétravailleurs franciliens qui souhaitent quitter l’Île-de-France. Arrivent tout de suite derrière la volonté d’avoir un espace extérieur puis d’avoir un logement plus grand.

 

La crise sanitaire a-t-elle poussé les Parisiens et Franciliens a quitté la région? Ou est-ce plutôt la quantité de travaux engagés par la Maire de Paris, ces dernières années, et les difficultés de circulation… En tout cas, rappelons qu’une étude Ipsos, datant de septembre 2017, révélait déjà que «Les Parisiens aiment Paris mais veulent la quitter». Le télétravail ne ferait que faciliter le passage à l’action, rendre se désir réalisable.

Une question à laquelle ne répondent pas ces enquêtes: tous ces Parisiens, franciliens, ex-provinciaux qui quitteront Paris et ses couronnes pour aller vivre en province, comment seront-ils reçus, perçus, dans leur nouvelle destination ?
Et que deviendra Paris? Une ville de passage, de touristes étrangers et … provinciaux? Un copié/collé de Venise?

 

Emmanuel Charonnat


Méthodologie:


Ce qu’il faut retenir

. Les télétravailleurs franciliens prévoient davantage de déménager dans les 5 prochaines années (45%) que les franciliens (36%) et les Français (30%)

. Le profil de ces intentionnistes déménageurs est jeune, parisien, bien rémunéré, en couple sans enfant, vivant en appartement et télétravaillant plus de 2 jours

. Les régions visées par les télétravailleurs franciliens sont la Bretagne et l’arc sud-ouest (Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, PACA)

. Ces mouvements de ces télétravailleurs profiteraient d’abord aux territoires de taille intermédiaire

. Le cadre de vie (climat, calme, nature) est la principale motivation des télétravailleurs franciliens souhaitant quitter l’IDF, devant les souhaits d’avoir un espace extérieur et un logement plus grand


Lire aussi :

. Les actifs ont-ils le sentiment d’avoir un travail qui a du sens? (juin 2022)

Neuf insights sur les salariés et la démission en France (juin 2022)

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Les Parisiens aiment Paris mais veulent la quitter  (octobre 2017)


Accès à l’étude du Forum Vies Mobiles avec L’ObSoCo

 

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