De quoi dépend le niveau de satisfaction dans la vie ?

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Les Français attribuent en moyenne une note de 7,2 sur 10 à la vie qu’ils mènent actuellement et seules 6% des personnes donnent une note inférieure ou égale à 4

Mesuré chaque année par l’Insee dans son enquête «Statistiques sur les ressources et conditions de vie (SRCV)», la satisfaction dans la vie est une évaluation subjective que les personnes font de leur bien-être, en réponse à la question suivante : «Indiquez sur une échelle allant de 0 («pas du tout satisfait») à 10 («entièrement satisfait») votre satisfaction concernant la vie que vous menez actuellement».

En 2017, en France métropolitaine, les personnes âgées de 16 ans ou plus attribuent en moyenne une note de 7,2 sur 10 à la vie qu’elles mènent actuellement :
. Plus de la moitié des personnes (56%) déclarent un niveau de satisfaction de 7 ou de 8,
. 18% des personnes attribuent une note de 9 ou 10 à leur vie,
. et 20% une note de 5 ou 6 sur 10,
. seules 6% des personnes donnent une note inférieure ou égale à 4.

Le bien-être perçu dépend largement des conditions matérielles d’existence…

La satisfaction dans la vie dépend évidemment des conditions de vie matérielles : moins les personnes sont confrontées à des difficultés matérielles, plus elles se déclarent satisfaites. En 2017, les personnes sans aucune difficulté matérielle attribuent une note de 7,8 à la vie qu’elles mènent actuellement contre 6,8 pour celles confrontées à 4 à 6 difficultés. La note moyenne attribuée est nettement plus basse (4,8) pour les personnes confrontées à au moins 12 difficultés, qui représentent 3,0% de la population.
Le niveau de satisfaction croît très fortement avec le niveau de vie (cf graphique ci-dessous). La variation de satisfaction moyenne est forte au sein des 30% de ménages les plus modestes (en 2017, la satisfaction passe en moyenne de 6,5 à 7,0 entre le premier et le troisième décile de niveau de vie), alors qu’elle est plus modérée au sein des 30% de ménages les plus aisés (elle passe de 7,5 à 7,6 entre le huitième et le dernier décile de revenu).

 

À l’inverse, la proportion de personnes exprimant une faible satisfaction (note inférieure ou égale à 5) est quatre fois plus importante parmi les personnes les plus modestes que parmi les plus aisées (respectivement premier et dernier décile de niveau de vie). Entre 2014 et 2017, la satisfaction dans la vie des déciles les plus aisés se tasse légèrement et a contrario elle progresse légèrement pour les déciles médians et les premiers déciles.

Les autres critères qui influent sur le bien-être ressenti sont :
. La situation vis-à-vis de l’emploi : les personnes au chômage attribuent une note moyenne de 6,3 à leur satisfaction dans la vie, contre 7,4 pour celles en emploi et 7,7 pour celles en étude. Les conditions de travail font également partie des déterminants.
. L’âge : la satisfaction dans la vie est maximale pour les plus jeunes (7,7 pour les 16-24 ans), puis elle diminue avec l’âge jusqu’à 50-54 ans (7,0), augmente légèrement jusqu’à 65-69 ans (7,3) avant de baisser pour les âges avancés (6,6 pour les 85 ans ou plus).
. La composition du ménage : les personnes qui vivent en couple, qu’elles aient ou non des enfants, ont un niveau de satisfaction sensiblement plus élevé (plus de 7,5 avec enfants et 7,4 sans enfant) que celles qui ne sont pas en couple (6,6 pour les personnes à la tête d’une famille monoparentale et 6,7 pour les personnes seules).
. L’état de santé ressenti est également un facteur essentiel : les personnes jugeant leur état de santé «très bon» attribuent une note moyenne de 8,0 à leur vie en général, contre 5,6 pour celles l’estimant «mauvais» ou «très mauvais». À l’échelle de la vie, le bien-être des adultes semble largement corrélé à leur santé mentale en tant qu’enfant, ainsi qu’à celle de leurs parents pendant l’enfance, précise l’Insee.

Le bien-être a d’autres déterminants, parmi lesquels les événements tels qu’un décès, un divorce ou une naissance, la faiblesse des liens sociaux ou le stress. En revanche, le genre n’est pas un facteur déterminant : les hommes et les femmes attribuent en moyenne la même note de satisfaction à leur vie.

 

Le bien-être dépend peu du type de territoire où l’on vit

En considérant les unités urbaines, il n’apparaît pas de variations significatives du niveau de bien-être subjectif suivant la taille de l’agglomération de résidence : en moyenne, entre 2014 et 2017, la note varie entre 7,2 en zone rurale, dans les villes de plus de 100 000 habitants et dans l’agglomération parisienne et 7,0 dans les villes de 50 000 à 99 999 habitants.

 

L’analyse par type d’aires urbaines (définies selon la proximité des pôles économiques) montre des écarts légèrement plus marqués, mais confirme que le bien-être ressenti dépend globalement peu de la géographie. Les habitants des pôles économiques de taille petite ou moyenne déclarent un niveau de satisfaction légèrement plus bas (7,0), ainsi que, dans une moindre mesure, ceux habitant dans les communes isolées en dehors de l’influence des pôles et les couronnes des petits ou moyens pôles (7,1). Néanmoins, ces niveaux moyens de bien-être restent très proches de ceux déclarés par les habitants des grands pôles, des communes multipolarisées des grandes aires urbaines ou des autres communes multipolarisées (7,2), ainsi que de ceux des habitants des couronnes des grands pôles (7,3).

 

De la même façon, la proportion de personnes jugeant leur vie peu satisfaisante (note inférieure ou égale à 5) varie légèrement. Dans les communes situées hors de la zone d’influence des grands pôles économiques (petits et moyen pôles, communes isolées situées hors des zones d’influence des pôles et, dans une moindre mesure, communes multipolarisées non rattachées à de grandes aires urbaines), la proportion de personnes se déclarant peu satisfaites de leur vie est plus importante (respectivement 19,7%, 19,4% et 17,4%). Ces proportions sont à l’inverse les plus basses dans les zones situées à proximité des plus grands pôles (14,2% dans les couronnes des grands pôles et 15,1% dans les communes multipolarisées des grandes aires urbaines) et, dans une moindre mesure, dans les grands pôles eux-mêmes (16,5%).

 

Emmanuel Charonnat


Ce qu’il faut retenir

. Les Français attribuent en moyenne une note de 7,2 sur 10 à la vie qu’elles mènent actuellement et seules 6% des personnes donnent une note inférieure ou égale à 4

. Le niveau de satisfaction croît très fortement avec le niveau de vie

. Les autres critères qui influent sur le bien-être ressenti sont, entre autres, la situation vis-à-vis de l’emploi, l’âge, la composition du ménage et l’état de santé

. Le bien-être dépend peu du type de territoire où l’on vit, et moins de l’unité urbaine que du type d’aire urbaine


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