Consommation alimentaire : effet âge ou effet génération ?

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La part des séniors dans les dépenses alimentaires gagne un point tous les deux ans. Les jeunes générations allouent moins de budget aux viandes et aux fruits.

Le Crédoc a réalisé, en partenariat avec Deloitte Développement Durable et Blezat Consulting, une étude prospective très intéressante sur les comportements alimentaires à l’horizon 2025.
Pour réaliser ses prévisions de consommation par catégories de produits alimentaires et par tranche d’âge, l’institut d’études a fait face à une difficulté principale : dans quelle proportion l’évolution de la consommation peut être attribuée à l’âge, à la période et à la génération, sachant que ces trois variables sont interdépendantes ? Lorsque l’on connaît la valeur de deux variables, on connaît la valeur de la troisième : Age = Année d’observation (période) – Année de naissance (génération).

Grâce à l’enquête quinquennale «Budget des familles» de l’Insee, le Crédoc compare les niveaux de consommation des produits alimentaires entre les classes d’âge et, pour un âge donné, entre les générations.
Par exemple, le graphique ci-dessous présente les dépenses alimentaires annuelles des ménages en fonction de l’âge du chef de ménage et des différentes générations quand elles ont/avaient cette âge. On voit ainsi que la génération née en 1967-1976 (Génération Low-Cost – courbe bleue) dépense moins que la génération née en 1957-1966 (Génération Aliment-service – courbe grise) aux mêmes âges, qui elle-même dépense moins que la génération née en 1947-1956 (Génération Hypermarché – courbe verte), et ainsi de suite.


Les dépenses alimentaires des ménages suivent avant tout un effet lié à la taille des ménages suivi d’un effet d’âge. En effet, les dépenses augmentent selon le cycle d’un foyer : célibataire, puis en couple, puis en famille, puis en couple, puis seul. Plus la taille du ménage est importante, plus les dépenses alimentaires sont nombreuses. D’autre part, l’effet générationnel est significatif : les jeunes accordent un budget moins important par individu à l’alimentation et ils préfèrent consacrer leur budget à d’autres dépenses. Cet effet est plus significatif que l’effet de revenu.

A partir des évolutions démographiques attendues et d’une modélisation basée sur 5 variables (génération, âge du chef de ménage, revenu du ménage, nombre de personnes du ménage, taille d’agglomération), le Crédoc a réalisé des prévisions des parts de marchés des différentes tranches d’âge dans les dépenses alimentaires totales. Deux hypothèses sont envisagées : un taux de croissance annuel moyen de 1% et un taux de 2%. Dans les deux cas, on voit une baisse sensible entre 2011 et 2025 de la part des ménages les plus jeunes : toutes les classes d’âge de moins de 65 ans sont en baisse. En revanche la part des ménages dont le chef a plus de 65 ans passerait de 24,5% à 31,6% ou 31,8% selon les hypothèses. La part des séniors dans les dépenses alimentaires gagne donc un point tous les deux ans !

 

Le Crédoc poursuit l’analyse et ses prévisions par catégories de produits. Voici quatre extraits.

1- Les boissons alcoolisées
La part du budget total alloué aux dépenses en boissons alcoolisées est moins important chez les jeunes générations. A l’opposé du graphique, les générations les plus anciennes baissent leurs dépenses dans cette catégorie.


2- Les boissons non alcoolisées
Les dépenses en boissons non alcoolisées subissent un effet de génération mais aussi un effet d’âge comme le montre le graphique ci-dessous. En effet, les ménages de 28 à 47 ans dépensent plus en boissons non alcoolisées que les autres ménages. Cependant, un effet de génération est bien présent puisque les jeunes générations dépensent plus pour cette catégorie que leurs aînées, aux mêmes âges.

3- Les viandes
Un effet d’âge dans les dépenses en viandes (viandes et plats préparés à base de viande) est mis en évidence sur le premier graphique ci-dessous. Cependant, un léger effet de génération est observable chez les jeunes ménages, les dépenses en viandes des jeunes générations sont inférieures à celles de la génération les précédant. Cet effet est confirmé par le deuxième graphique ci-dessous (part des dépenses en viandes sur le budget total du ménage) : les jeunes générations allouent moins de budget aux dépenses en viande que leurs générations aînées. Un très léger effet de période est visible, la part du budget des dépenses en viandes a diminué pour toutes les générations.

 

4- Les fruits
Les jeunes générations allouent moins de budget aux fruits que les générations les précédant. Il n’y a pas d’effet d’âge significatif, les ménages allouent un budget plutôt constant selon les années.

 

L’étude complète est disponible ici, avec des prévisions à l’horizon 2025, par catégories et par tranche d’âge. Les autres catégories alimentaires analysées sont : les services de restauration ; le pain et les céréales ; le lait, le fromage et les oeufs ; les huiles et graisses ; les légumes ; le sucre, la confiture, le miel, le chocolat et la confiserie ; les poissons et fruits de mer.

Emmanuel Charonnat


Ce qu’il faut retenir

. les dépenses alimentaires des ménages suivent avant tout un effet lié à la taille des ménages suivi d’un effet d’âge et d’un effet générationnel, puis de revenu

.  entre 2011 et 2025, la part des ménages dont le chef a plus de 65 ans dans les dépenses alimentaires passerait de 24,5% à près de 32%

. les jeunes générations dépensent plus en boissons non alcoolisées que leurs aînées, et une part moins importante de leur budget en boissons alcoolisées

. les jeunes générations allouent moins de budget aux dépenses en viande et en fruits que leurs générations aînées


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