Oscars 2016 : audience en baisse malgré la controverse

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Avec 34 millions de téléspectateurs, le show enregistre son plus faible score d’audience depuis 2008. « En direct des US » by Vincent Létang (Magna Global).

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En direct des US, par Vincent Létang, Magna Global

(IPG Mediabrands)

Les grands évènements télévisuels en direct – qu’on appelle dans le jargon local les « tentpole events » – se divisent en deux catégories : finales sportives (avec le Super Bowl champion toutes catégories), et les cérémonies de remise de prix, avec les Academy Awards (les Oscars) comme fer de lance.

Si le Superbowl affiche des ratings solides ces dix dernières années (malgré une édition 2016 légèrement en retrait par rapport aux records de 2015), on ne peut pas en dire autant des remises de prix. Apres les Grammies et les Golden Globes en baisse pour la troisième année consécutive, les Oscars n’ont pas fait mieux.

Ci-dessous les taux d’audience (ou ratings) par cibles des 5 dernières éditions. Il s’agit des audiences en live et en différé le même jour.

 

L’édition 2016 (le 28 février sur ABC) avait pourtant été précédée par une controverse sur l’absence d’artistes noirs (ou de toute autre minorité) parmi les nominés dans toutes les catégories d’acteurs et de réalisateurs, pour la deuxième année consécutive. La controverse très active sur Twitter (#OscarSoWhite) a abouti au boycott de la soirée par plusieurs personnalités noires (dont Spike Lee et Will Smith). Le débat portait aussi sur la participation du stand-up comédien noir Chris Rock, désigné comme maître de cérémonie plusieurs mois auparavant, et les pressions exercées sur lui par d’autres artistes noirs pour qu’il renonce à présenter le show. Chris Rock avait décidé de tenir sa place et d’utiliser sa voix pour critiquer l’académie et exiger une réforme des modes de nomination.

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Il est probable que la controverse a fait du bien à l’audience de la soirée, mais cela n’a pas suffi à enrayer un déclin qui a commencé il y a déjà quelques années. La soirée a rassemblé 34 millions de téléspectateurs et obtenu un rating moyen de 10,5% sur les adultes de 18-49 ans, en baisse de -6% par rapport à l’an dernier et de -25% par rapport au niveau de 2013-2014 (rating de 13%). La performance est la plus faible depuis 2008. Toutes les cibles démographiques sont à la baisse versus 2015 sauf une : les hommes de 18-24 ans (+39%), tandis que l’audience était en baisse sur les jeunes femmes du même âge. Ce résultat étonnant et à l’inverse du récent Superbowl – où l’audience des hommes de 18 à 24 ans était en forte baisse pour la deuxième année consécutive – peut sans doute s’expliquer par la controverse, la personnalité du présentateur et l’incertitude du direct. Les jeunes hommes, a priori moins intéressés par les remises de prix que les jeunes femmes, ont été soudain curieux de voir comment Chris Rock allait gérer la soirée. Une explication plus terre-à-terre tient sans doute au fait que la cérémonie 2015 était en compétition avec un match de basket NBA qui avait naturellement attiré une grande partie des jeunes hommes, blancs et noirs. Même les téléspectateurs noirs dans leur ensemble (environ trois millions selon Nielsen) ont été moins nombreux qu’en 2015 (-2%) tandis que les jeunes hommes noirs ont été parmi les demographics en hausse.

La controverse a également favorisé l’activité sur les réseaux sociaux : avec sept millions de tweets, la cérémonie 2016 a généré 22% de buzz en plus que celle de l’année précédente.

A l’arrivée, la performance de Chris Rock a été saluée comme drôle et pertinente tandis que les grands vainqueurs de la soirée étaient Leonardo di Caprio (meilleur acteur pour la première fois après 5 nominations infructueuses), Alejandro Iñárritu (meilleur réalisateur pour la 2ème année consécutive), Spotlight (meilleur film) et Mad Max Fury Road (raflant la plupart des Oscars techniques).

Vincent Létang

@vletang_magna

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 Vincent Létang analyse l’industrie des médias et de la publicité depuis 20 ans. Il vit à New York et dirige les études de marché globales de Magna Global, une division d’IPG Mediabrands.

 

 

 

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