Très cher Luciano

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Un hommage à Luciano Bosio, grand expert de la presse et des médias, de la part de ses amis et anciens collègues de Carat Expert

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Ton départ lundi dernier est inimaginable et laisse un vide immense.

Tes anciens collègues de Carat Expert avec lesquels tu as partagé 9 années (1996-2005) de passion pour les médias et les études te rendent un hommage dans ces colonnes et partagent quelques souvenirs marquants.

Ainsi que quelques autres amis qui ont entendu parlé de cette initiative.

« Luciano était un homme remarquable :  enthousiaste, passionné, cultivé, curieux, humain, attachant, …

Luciano était un homme de conviction et de passion, curieux, ouvert sur le monde. Il avait fait de la presse son domaine de prédilection mais il avait un regard et des analyses sur l’ensemble des médias dont la pertinence n’a jamais faibli.

Luciano était un homme admirable : fidèle, loyal, respectueux des autres et de la parole donnée, avide de partager son expérience et ses connaissances qui étaient immenses

Luciano était mon ami… J’aimais échanger et débattre avec lui. Nous avons gardé jusqu’au bout ce lien personnel fort fait de respect et d’affection qui a toujours caractérisé notre relation. Aujourd’hui ma tristesse est immense et ma peine est profonde.

Cette tristesse et cette estime pour Luciano, nous sommes nombreux à la partager en particulier chez ceux qui ont eu la chance de le côtoyer chez CARAT et nous sommes nombreux à le remercier de tout ce qu’il nous a apporté.

Je me fais leur porte-parole pour transmettre à sa famille nos plus sincères condoléances

Repose en paix mon cher Luciano. »

René Saal

 

« Itinéraire d’un bébé Bosio

En 1998, alors étudiant, j’ai choisi de me spécialiser dans la gestion de la presse. Un média condamné me disait-on alors. Je n’ai pas écouté ces voix et je ne le regrette pas car j’ai eu 15 années d’activité professionnelle passionnantes, surtout  grâce à la chance immense que j’ai eue d’avoir pu côtoyer Luciano.

D’abord en 2001 chez Carat Expert, où pendant quatre années intenses, j’ai travaillé à ses côtés comme chargé d’études. A la tête de Carat Presse, Luciano était la référence du marché, celui qui le connaissait et comprenait le mieux ses évolutions ; on le consultait comme on consultait l’oracle. Son parcours atypique successivement de militant, journaliste, professeur, spécialiste des études, éditeur de presse, avait forgé sa stature de «parrain» idéal du milieu. Avec sa culture, son esprit critique, sa maîtrise des chiffres, ses capacités d’analyse et de synthèse, ses qualités rédactionnelles et oratoires hors norme, Luciano excellait et faisait rayonner le groupe Carat.  J’étais fier d’avoir une personnalité aussi brillante comme maître et heureux d’apprendre chaque jour à son contact.

En 2005, ma formation faite grâce à lui, j’ai pu voler de mes propres ailes pour prendre en charge le marketing du Monde Publicité. Ne plus travailler avec Luciano m’attristait mais ma peine fut de courte durée puisque je le retrouvais rapidement, cette fois-ci comme concurrent, lorsqu’il prit la tête du marketing du Figaro et de sa régie. Nous nous retrouvions fréquemment au sein de la commission marketing du SPQN où nous défendions avec passion notre média et où il nous arrivait de nous opposer, parfois violemment. Sans doute fallait-il que je tue le père même si dans les faits, c’est plutôt lui qui me mettait au tapis -on ne boxait pas dans la même catégorie ! Nos engueulades n’ont  cependant jamais entaché nos relations amicales et les réconciliations furent chaque fois aussi rapides que naturelles.

Mi-2009, j’ai quitté la publicité mais ai gardé le contact avec Luciano. Nous échangions ponctuellement au gré de l’actualité et déjeunions ensemble de temps en temps. Nous parlions de politique, de l’état des médias, de l’Italie et c’était à chaque fois un plaisir immense de confronter nos points de vue qui avaient pas mal divergé, de se moquer des opinions ou des relations de l’autre.

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La dernière fois, c’était il y a un an et demi. Nous avions déjeuné à Saint-Germain mais cette fois il m’avait raconté le calvaire qu’il avait vécu pendant son premier cancer. Ce ne fut pas larmoyant, il avait une pêche d’enfer et on le croyait alors guéri. Je n’avais pas su par la suite qu’il avait fait une rechute et resterai avec ce souvenir d’un Luciano victorieux et joyeux.

Il y a quelques mois, sachant mes perspectives de carrière compromises dans la presse, j’ai décidé de me tourner vers une formation longue dans le « digital ». Et le 12 octobre 2015 au matin, au même moment où Luciano s’éteignait, je débutais mes premiers cours d’initiation au code : HTML, CSS, Javascript. Une drôle de coïncidence. Pour moi, la presse est un peu morte lundi dernier avec Luciano…

Ciao maestro ! Grazie a te ! »

Lionel Halfon

Ci-dessus la fausse Une du Monde que je lui avais offerte lorsqu’il a quitté Carat pour le Figaro (il l’avait accrochée dans son bureau du Figaro).

 

« La presse perd son plus ardent défenseur, la Juve perd un fidèle tifosi et nous perdons un ami. Ciao maestro. »

Frédéric Abecassis 

« Je me souviens de Luciano. Je me souviens de sa voix, de son accent et aussi du petit raclement bizarre qu’il émettait parfois. Je me souviens qu’il disait que les équipes de Zehmann ne survivaient pas à l’hiver. Je me souviens que j’ai pris avec lui le TGV de 6h58 pour Saint-Etienne Châteaucreux. Je me souviens qu’il avait présenté un panorama de la presse féminine au groupe Casino. Je me souviens qu’il avait pesté parce qu’on ne lui avait pas proposé de verre d’eau. Je me souviens de son regard énamouré quand il parlait de Marcello Lippi en disant « mais je l’aime, cet homme, je l’aime ». Je me souviens qu’il a été le premier à me parler du succès d’un quotidien gratuit en Suède. Je me souviens qu’on a vu Brésil-Chili ensemble au Parc des Princes en 98. Je me souviens qu’on était d’accord pour dire que la défense brésilienne n’était pas terrible. Je me souviens qu’on était d’accord pour dire que si la France jouait le Brésil, elle gagnerait. Je me souviens que la Juve a passé 6-1 au PSG le jour de mon anniversaire. Je me souviens qu’il m’avait raconté que sa fille avait paradé toute la journée du lendemain avec son maillot de la Juve. Je me souviens que Luciano parlait d’un magazine féminin comme du « symbole du triomphe de la jeune fille anorexique ». Je me souviens que ça me faisait bien marrer. Je me souviendrai de Luciano. »

Bertrand Adeline

«Luciano a été mon 1er patron à la sortie de mon école de commerce. C’est le dirigeant qui m’a donné sa confiance pour m’accompagner dans le monde professionnel, notamment celui des médias et plus particulièrement LA PRESSE. Son amour de l’écriture,  son expertise, sa vision stratégique du marché publicitaire m’ont permis de grandir à ses côtés. Luciano, un homme de valeurs et un passionné de sport.

Je n’oublierai jamais nos débriefing « CARAT FOOTBALL CLUB » le lundi matin dans son bureau pour refaire les matches du Week-end et analyser chaque but de la JUVENTUS DE TURIN avec notamment les « enroulés » de DEL PIERO

Je me souviendrai à jamais de ce grand Monsieur»

Arnaud Jaouen

«Luciano, le boss de la presse, le parrain, connu comme le loup blanc, ton immense connaissance du marché et de la presse, ta gentillesse sous tes faux airs bourrus, ta sympathie à m’expliquer, ta facon de raccrocher quand un journaliste te gonflait, tu étais quelqu’un d hyper entier qui ne trichait pas. Ton pas caractéristique, on savait que tu arrivais au bruit de tes mocassins sur la moquette, les délicieux macarons ou cadeaux supports que tu offrais aux équipes (et aux assistantes pas souvent gâtées), les restos tous ensemble, plein de chouettes souvenirs…

C est chez Carat avec ton assistante « Chanń´´´taaaal » et René que j’ai commencé et tout appris. Nous étions une grande famille et tu en étais un des piliers !

Plein de douceur et de courage pour ta femme et ta fille que tu aimais tant !

Sois en paix !»

Natacha Camaret

« Luciano,

Nous avons partagé ensemble les meilleures années de Carat. Pendant toute cette période , nous nous sommes souvent retrouvés à débattre ou échanger sur l’avenir de la presse ou sur la meilleure façon de développer Carat Expert. Nos discussions étaient parfois enflammées mais toujours constructives. Il t’est arrivé de quitter mon bureau brutalement … mais tu es toujours revenu avec le sourire et l’humanité qui te caractérisent. Tu as été un des piliers de Carat et , sans toi, beaucoup de choses n’auraient pas été possibles. Je retiendrai avant tout le souvenir d’un très grand professionnel, d’un passionné dans tout ce que tu faisais, d’un fan absolu de la Juventus, d’un manager apprécié de tous, d’un homme cultivé et curieux de tout et surtout d’un être attachant, chaleureux et toujours à l’écoute des autres.

Je suis très triste »

Olivier Tircazes

« Pendant 11 ans, Luciano m’a non seulement transmis toute sa passion des médias et sa rigueur de travail, il m’a aussi amicalement conseillée et orientée dans mon parcours. Je pense toujours à lui quand je relis un document de travail, j’entends sa voix questionner les sources, le sens des chiffres, la clarté du discours – toujours avec bonne humeur et surtout bienveillance. Sans lui, je ne serai pas ce que je suis aujourd’hui. Sans lui, les médias –l a presse écrite – ne seraient pas ce qu’ils sont. Luciano, tu vas terriblement nous manquer. Allez la Juve. »

Marion de Cisternes

« A Luciano,

Je garde en mémoire une voix grave et chaleureuse qui roule les « R » entre deux volutes de fumée.

Je me souviens de ses yeux foncés et malins, surplombés d’une mèche brune clairsemée et capricieuse.

Je repense à ce caractère latin énergique, ponctué de grands éclats de rire comme pour mieux servir sa franchise et son analyse.

Je me rappelle aussi sa bienveillance, sa confiance et son envie de partager.

J’ai eu la chance de travailler avec Luciano et j’en garde un IMMENSE souvenir.

Je pense aujourd’hui à sa famille et à ses proches. »

Dominique Gouviaux

« Merci Luciano pour m’avoir appris qu’il était impossible de travailler dans le monde des médias sans être animé par une passion débordante ; que le progrès naissait du débat et qu’il fallait porter haut et fort ses convictions. Sur ces points là, tu resteras à jamais incomparable ! »

Benoit Régent

« Cette nouvelle m’attriste évidemment profondément.

Luciano était une personne entière, attachante et compétente.

Il portait à la presse une attention qui dépassait le seul cadre professionnel, avec une exigence intellectuelle remarquable. Je me souviens notamment de son attachement pour la revue de Carat, qui plaçait très haut les couleurs de la maison et montrait que l’on pouvait être efficace en étant curieux, innovant et créatif.

Bien sûr, c’est l’homme qui comptait, je n’ai pas eu le temps de bien le connaître, mais il était pour moi une personnalité, une figure, quelqu’un qui comptait. »

Serge Schick

« Tout aura sûrement été dit par les professionnels de la profession sur le parcours brillant et l’expertise reconnue de Luciano, sur son amour de la presse et des médias, sur tous ces métiers qu’il a exercés avec talent, passion et conviction…

Alors pour ma part je voudrais juste saluer et remercier encore une fois (ce ne sera ni la première ni la dernière) « il maestro », celui à qui je dois 6 années formidables passées à ses côtés avec toute l’équipe de Carat Presse.

Je souhaite à chacun de faire un jour une telle rencontre professionnelle et humaine, de connaître le bonheur de travailler dans une telle richesse d’échanges, de partage et de confiance.

Luciano a su fédérer, transmettre, écouter et tirer le meilleur de chacun d’entre nous.

J’ai admiré sa clairvoyance et l’immensité de ses connaissances, j’ai partagé sa rigueur et son enthousiasme, mais j’ai surtout profondément aimé ses valeurs, ses coups de gueule, son humour et ses grands éclats de rire.

Pour tout cela, Luciano a depuis 15 ans toute mon affection et ma gratitude.

J’espère seulement qu’il nous aura finalement pardonné d’avoir fêté au bureau l’épique victoire de l’équipe de France contre l’Italie en finale de l’Euro 2000, car cela aura été, je crois, notre plus gros désaccord… Il y a décidément des choses avec lesquelles on ne plaisante pas.

Grazie mille, Luciano. »

Françoise Caillon

« Luciano … Luciano …

J’adorais particulièrement te voir écrire. Quand tu avais un sujet en tête, que tu prenais une feuille et que tu te mettais à tracer les mots les uns après les autres, les paragraphes les uns en dessous des autres. Jusqu’à ce que vienne la conclusion sans qu’aucune rature ne soit venue troubler cette élégance. Fasciné, je te demandais : comment fais-tu pour ne faire aucune rature ?!? Et tu me soufflais juste comme réponse : j’ai un peu réfléchi avant à ce que je voulais écrire.

Évidemment j’adorais aussi discuter avec toi, sans sentir le temps passer. Le foot (oui, même moi !), le tennis, la presse, la politique, Cunéo, le parmesan, etc.

Si lent, si lent, silence.

Merci pour ta confiance indéfectible et toute ton affection. »

Philippe Gacon

« Luciano

Je ne t’oublierai pas, comme beaucoup d’autres tu resteras à jamais dans mon cœur.

Grâce à toi, j’ai pu grandir, apprendre. Tu as su transmettre ta passion avec toute la franchise et la bienveillance qui te caractérisaient, notamment à travers les articles passionnants que nous écrivions ensemble !

Je n’oublierai pas les post-it bienveillants que tu écrivais pour m’ encourager le matin.

Je garde un souvenir intact de l’homme que tu étais et que tu seras toujours…

Difficile d’imaginer que tu n’es plus là »

Viviane Paban

« Mon très cher Luciano, mon très cher ami,

Ces dernières semaines et ces derniers jours ont été irréalistes, au fil de la vie qui s’en va, d’une famille qui veille sur toi avec un amour et une tendresse infinis et des amis qui se succèdent pour te montrer avec retenue toute l’affection qu’ils ont pour toi. Au fil des années, nous nous sommes vus souvent et appréciés, toujours. Tu as fait partie de ce petit cercle d’amis avec lequel on souhaite partager les émotions, les indignations, les projets mais aussi les incertitudes et les angoisses. Tu es désormais parti pour un ailleurs que nous pensons toujours lointain. Cela nous rend infiniment tristes et désemparés. Mais une chose ne changera pas. Tu es dans notre cœur et tu y resteras. »

Albert Asséraf

« Souvenirs, Souvenirs, …

2004, Arnaud de Puyfontaine prend la Présidence de l’APPM, me propose la direction générale et me demande de réformer l’AEPM – « fais ce que tu as fait à l’OJD sera ta seule feuille de route »-  ce qu’on fera avec l’ami Jean Louis Marx puis Gilbert Saint Joanis, sous la Présidence de Pierre Conte, …je consulte le marché et bien sûr l’équipe Carat Expert: René et Luciano en tête! Nous voilà à déjeuner à Courbevoie, tous les 3 sur le thème  » Il n’y a pas de grand média sans grande étude d’audience »… Débat passionné, vous imaginez, …avec la voix inimitable de notre italien …Un garçon puis le patron nous demandent de parler moins fort à la demande de la salle , …promesses formulées à voix basses et non tenues bien sûr, …Si bien que le voisin de table a quitté la salle non sans être venu nous invectiver publiquement sans humour!

Quelques jours après, autre déjeuner de travail en tête à tête celui là. Comment va t on l’appeler cette société?  « Xavier tu sais comment chez nous elle s’appelle la société?  » AudiPress Italia » … Et c’est ainsi que j’ai déposé le nom AudiPresse … avec un « e », dépôt que la direction d’Audi en Allemagne a combattu sans succès.

Quelques années après, avenue de l’Opéra, lors de débats techniques sur Premium ,…on se met d’accord avant réunion sur la solution à proposer, …on commence et oh stupeur et le voilà qui part dans une de ses grandes envolées à  180° des positions prévues initiales. Je lui mets un SMS véhément, … « je t’expliquerai  » fut la seule réponse. Une aimable pression syndicale lui avait fait prendre le parti inverse et retourner les arguments avec la même force d’indignation et de conviction bien sûr. Quel talent. Salut l’artiste. »

Xavier Dordor

« Comment ne pas avoir de souvenirs d’un patron que l’on a assisté 9 ans ?

Alors une anecdote parmi d’autres, Luciano avait été interviewé par Stratégies sur le changement de formule du quotidien  » France-Soir fait le pari du grand soir » (1999) et pour citer la phrase de Luciano a ce sujet « J’ai été favorablement impressionne par ce nouveau France-Soir », Stratégies le nommait ‘le Pape de l’achat d’espace´ …, je lui avais fait faire une copie plastifiée de l’article qu’il avait fièrement mis sur le mur de son bureau.

Et puis, j’entends toujours encore dans ma tête, son Chhhaaaannntttaaaaaallllllllll quand il m’appelait, avec son accent. »

Chantal Biaujout

 

« Cher Luciano,

Quelques instants après avoir appris la  triste nouvelle, me revint en flash un moment particulier de ces 5 années passées ensemble chez Carat Presse. Alors toute jeune embauchée, nous traversions Paris de retour d’un RDV client en discutant politique comme il nous arrivait souvent de le faire. A l’époque, le débat sur l’âge de la retraite battait son plein. Toi, tout en conduisant, commentait à grands renforts de gestes et exclamations – qui nous réjouissaient tant – la réforme en cours. Moi, tout à ma jeunesse, osait une provocation : « Luciano, l’âge idéal de la retraite c’est 30 ans ! L’idéal serait de commencer par la retraite pour découvrir le monde jeune puis de travailler ! ». Cette boutade te fit t’exclamer mais aussi rire, et relança le débat de plus belle… cruelle ironie de la vie…

Luciano, aujourd’hui tu nous laisses, nous les Ex-Carat Presse, orphelins.

Orphelins de ces années passées à nous former à tes côtés,

Orphelins de ces heures passées à débattre et échanger de la Presse, cette passion commune que nous partageons.

Orphelins de ces bons moments où nous refaisions le monde, portés par ton enthousiasme mais aussi ta bienveillance.

Un seul sujet délicat avec toi : celui du football italien et de la « JUVE ». Je me souviens encore de ce lendemain d’Euro 2000 où nous t’attendions habillées des couleurs du drapeau tricolore en chantant « on a gagné ! ». Que n’avions nous pas fait là !

Aujourd’hui Luciano, malgré l’immense tristesse de cette séparation définitive, nous continuons notre chemin, chargés de tes précieux conseils et mesurons chaque jour la richesse de ces années passées à tes côtés. Aujourd’hui enseignante-chercheuse dans une école, j’essaye de transmettre à mon tour cette passion des médias aux étudiants et mes sujets d’études portent sur le data-journalisme et les nouveaux business model des médias. Ce que je suis aujourd’hui, je te le dois en grande partie.

Alors, pour tout cela et pour tout le reste, un grand MERCI Luciano.

Tchao Luciano, »

Estelle Prusker Deneuville

« Ce matin la seine était immobile, fleuve d’huile comme si elle voulait, elle aussi, exprimer son désarroi et son incrédulité face à ce départ prématuré.

Luciano, tu resteras à jamais associé à ces années d’or de Carat Expert, où, nous, fraîchement diplômés débarquions avides de faire partie de la grande aventure et de bénéficier, au contact des grands, des connus, des respectés, de toute l’expérience que nous pouvions absorber. Ta vision, tes convictions, tes coups de gueule parfois, ta malice souvent, ont marqué à jamais ma vie professionnelle et pour cela, je te serai toujours reconnaissante. »

Frédérique Chatelain

« A chaque fois que je pense  à mon entretien de stage avec Luciano, je ne peux m’empêcher de sourire. Nous avons parlé de médias mais aussi de l’Italie, de l’équipe de la Juve, de la Squadra Azzura, de la Scuderia Ferrari et de Lucio Battisti. Je garderai pour toujours un tendre souvenir de vous. Arrivederci Signor Luciano Bosio »

Charlotte Ba

« Pour Luciano.

J’ai du mal, comme tant d’autres, à imaginer que je n’entendrai plus cette voix rocailleuse, ces bon mots, ce rire. J’ai du mal, surtout, à me dire que je ne pourrai plus, comme si souvent depuis 20 ans, demander conseil à celui qui fut, qui restera pour moi,  l’homme qui m’a ouvert les portes de la presse, qui m’a transmis une passion qui a nourri ma vie et mon métier.

L’amour de la presse n’était pas, loin s’en faut, la seule chose qui animait Luciano. La politique, le foot, la table : il partageait cela aussi. Mais cette passion-là, cette immense connaissance, cette exigence, cette énergie combative jamais prises en défaut, c’était lui et personne d’autre. Et c’est un immense privilège, une grande chance,  que d’avoir appris avec ce maitre-là, que d’avoir vu son intelligence, son incroyable sens des mots, son humour – et sa mauvaise foi, aussi, parfois- se mettre en mouvement au service de tant de titres, de tant de batailles.

Luciano n’a jamais versé ni dans le corporatisme ni dans le conservatisme. Il était lucide, attentif, sans concession. Il savait que la rigueur sans intention, sans intuition, ça ne fabrique que du savoir mort.  Son savoir, à lui, était précis et vivant, remuant, parfois dérangeant, toujours stimulant. Nous sommes nombreux à espérer en avoir hérité une petite part. Ensemble, chacun dans notre genre, nous nous efforcerons d’en être dignes et de le faire rayonner encore longtemps. C’est bien le moins que nous lui devions… »

Dominique Levy

« Je me souviens de Luciano lors des années passées chez Carat Expert. Je me souviens qu’il parlait de l’Italie, des engagements des années 70, de ceux qui avaient choisis la révolution. Je me souviens qu’il aimait parler de la politique, débattre et argumenter. Je me souviens de son amour de la presse, de la liberté de la presse. De son accent et de sa voix grave qui savaient expliquer l’art d’écrire un titre, de choisir un angle pour un papier, de choisir les chiffres juste avec rigueur et de les rendre accessibles.

Je me souviens d’un passeur de liberté. »

Tiphaine De Raguenel

« 4 Place de Saverne, 5ème étage au fond à droite, Florence Jean, Alexandre Vaesken, Sylvain Niquet et moi-même occupons un vaste Bureau, celui de Carat Expert Radio.

Luciano est notre patron, il nous a confié les clés du camion : « Maaa, le moins je vous vois, le mieux je me porte… ». Ce n’est pas qu’il se désintéresse du sujet, c’est plutôt qu’il a suffisamment à faire par ailleurs pour nous laisser une autonomie totale sur la Radio.

Le deal : nous l’informons de tout mais nous gérons tout, aussi et surtout, les problèmes.

Du coup, nous sommes en plein paradoxe. Plus nous travaillons correctement, moins nous croisons Luciano, moins nous profitons de son bon sens, sa vision, ses conseils, sa science … Notre plus grand plaisir devient alors ses visites impromptues dans notre bureau.

Il y viendra, dans un premier temps, y fumer sa clope puis, plus tard, y mâcher son chewing-gum à la nicotine. Souvent, il nous lancera pour notre plus grand bonheur : «Maa, je suis bien ici, il est calme votre bureau…» »

Damien Cucumel

« Difficile de trouver les mots. Les mots qui, pourtant, sont à la base de tout. De l’écriture à laquelle nous nous adonnions (avec plus ou moins d’inspiration !), à chaque fois qu’approchait le moment de rendre nos papiers pour le Carat Médias Actualités, la publication de Carat Expert qui mobilisait chaque mois ton incroyable énergie. Venait ensuite le moment fatidique de ton appréciation avec les récurrents : « Mahh tou as encôrrrre fait trop long ! » ou « c’est pas mal, Mahhh trop de chiffrrres, top de chiffrrres » ou encore « Tou peux pas me rajouter oune encadré ou oune truc comme un graphique pour faire vivre la page, là, s’il te plait »… Mais la séquence la plus fameuse était d’être conviée à une séance de travail dans ton bureau, où assis à tes côtés, devant l’ordinateur, nous assistions à la transformation du papier : «  je coupe, je coupe », « mahhh ye comprends pas trop là, qu’est-ce que tou as voulu dirrre là », « Je rajoute oune sour-titre».

Avec une maîtrise de la langue française, supérieure à la nôtre, tu suggérais de remplacer tel mot par un autre, plus précis, plus approprié ou de reformuler une phrase, dans une tournure plus légère ou plus efficace. Des remarques pertinentes, qui pouvaient parfois cependant donner lieu à des discussions voire des contestations, car il fallait bien défendre son point de vue (!), au moins pour la forme mais surtout pour le plaisir de t’entendre argumenter avec force. Le verbe s’animait, l’accent s’intensifiait d’un coup, portés par une vitalité et un pouvoir de conviction qui finissaient bien souvent par emporter l’adhésion… et même finalement notre affection ! Un jeu, aussi amusant qu’instructif, une provocation, une leçon de dialectique théâtrale, un échange jubilatoire.

Le « cérémonial » du CMA se poursuivait avec l’arrivée des épreuves à relire, corriger, annoter. Nous découvrions alors la mise en page, l’illustration, parfois même le titre de notre « contribution » qui avait été revu par tes soins. Quand il ne fallait pas rédiger en urgence un nouveau papier car finalement il manquait 2 pages pour remplacer tel ou tel sujet qui ne pouvait être finalisé en raison d’une étude dont la publication était décalée. Tu nous pressais alors de finaliser nos deniers ajustements car l’heure du bouclage ne pouvait être reculée. Puis la parution, enfin ! Quelle excitation de découvrir la Une, le sommaire, de lire les articles rédigés par chacun des autres « centres expert » : la presse, la radio, l’internet,… Tu portais cette revue avec tellement d’enthousiasme et de professionnalisme que nous nous sentions un peu parfois comme des journalistes en devenir. Beaucoup d’entre nous, je crois, ont ainsi nourri l’envie à un moment ou à un autre, de basculer dans ce métier. Ce goût de l’écriture, de la transmission, de l’analyse et de l’explication, nous te le devons en grande partie.

Et puis, je me souviens aussi de tous ces moments partagés durant ces 8 années passées ensemble chez Carat. Du voyage à Cuba, où nous nous affrontions lors de parties de ping-pong animées car tu n’aimais pas perdre (et moi non plus !) De trajets en co-voiturage, notamment ce retour de « séminaire » à Argenteuil où, alors que nous étions totalement perdus, tu t’engageais dans une conversation à sens unique avec la voix féminine du GPS qui ne semblait pas, une fois n’est pas coutume, se laisser convaincre par tes injonctions ! J’en ris encore.

Ou encore ce jour de grève des transports en commun… et, misère misère, de match de La Juve ! Nous suivions (enfin surtout toi… ) la compétition à la radio tandis que tu t’évertuais à emprunter des itinéraires bis censés, au milieu des bouchons, nous rapprocher au plus vite de nos maisons respectives. Explosion quand La Juve a marqué son premier but, nous étions alors à hauteur du BHV, à quelques centaines de mètres de chez toi, tu enrageais tellement d’avoir raté ces images, j’en étais un peu navrée pour toi mais surtout, je l’avoue, profondément amusée de te découvrir en véritable supporteur. Une passion, une autre, si fièrement partagée avec ta fille, Alice dont l’évocation fréquente nous faisait découvrir une autre facette de toi.

Des mots enfin, pour te dire la chance de t’avoir connu. Tu étais Attachant, Entier, Passionné, Souriant, Piquant, Drôle, Energisant.

Un abbraccio, Luciano. »

Ingrid Merle

« Mon passage à Carat Expert fut plutôt bref, mais ces treize mois passées à torturer les études d’audience de tout poil sous les ordres de Luciano ont suffi à établir une solide amitié avec cette homme hors du commun. Ce qui frappait chez lui, c’était sa rigueur et sa curiosité intellectuelle, ainsi que son penchant pour un parler franc en toute circonstance. La dernière fois que je l’ai vu, il me disait avec sa voix rauque et son accent italien inimitables :  » si c’est pour rendre les armes tout de suite, vaut mieux rester au lit. » Luciano a enrichi ma vie comme peu d’autres et je sais que nous sommes légion à le penser. Merci pour tout Luciano, je ne t’oublierai jamais. »

Dominic Guba

« Cher Luciano, je voudrais te dire merci, encore, une dernière fois.

Merci de m’avoir donné la chance de pouvoir démarrer ma carrière professionnelle au sein de ton service! Et merci de t’être battu pour pouvoir m’y garder quand la bureaucratie française m’a refusé un permis de travail. Je n’oublierai jamais ta manière de présenter, excitante, de simples tableaux Excel. Tu avais l’art de tenir ton public en haleine comme personne. Et je n’oublie pas non plus le sourire malicieux au coin de ta lèvre, quand tu m’appelais ta „main d’œuvre étrangère”. Ta gentillesse et ton sens de l’humour étaient à la hauteur de ton professionnalisme. Repose en paix! »

Erika Balogh

« Luciano, mon ami italien, mon ami expert, mon ami passionné,

Je suis triste. Et aussi je suis heureux de t’avoir connu tant de temps. Un privilège.

Chez Carat, tu expertisais la presse, et moi la télévision. Mais nous étions surtout passionnés des médias. Comment ne pas aimer celui que tu défendais, ce média de la réflexion, du débat et des écrits qui restent. Les Carat Media Actualités (CMA) que nous avons partagés sont toujours chez moi et je les feuillète avec le recul puissant des ans. Ils me rappellent que les débats, les polémiques, les questions et les métaphores sont toujours les mêmes, malgré la transformation incroyable de la société.

Et toi, en bon italien et en mec curieux que tu étais, tu t’intéressais à cette télévision du spectacle qui à l’époque prenait son essor. Cette télé qui t’était bien utile, aussi, pour regarder les matches de la Juve et de la Squadra Azzurra. Tu me questionnais, tu me donnais ton avis. Tu venais parler avec les équipes, tu les écoutais avec bienveillance, et tu avais ce talent pour montrer toujours ton respect derrière ton charme latin.

J’ai un super souvenir de nos déjeuners à la cantine de la place de Saverne, avec toi, avec René, Jean, Albert, et nos équipes passionnées. On faisait du cross-médias à bâtons rompus. Combien de déjeuners à bavarder ainsi en neuf ans…

Tu étais entier et généreux. Tu motivais tout le monde et défendais tes équipes comme l’aurait fait un grand coach, ou un président de club.

Tu étais très attachant. Tu m’expliquais que les Italiens n’avaient pas toujours été les bienvenus en France, à moi le bleu qui, aveuglé par mon amour pour l’Italie, ne comprenait pas ce que tu voulais dire. Dans ma génération, l’Italie est tellement proche de la France. J’adore ton pays, sa langue, son énergie, sa culture, ses villes, ses paysages, sa cuisine, son vin, etc.  J’adore ton accent. Un jour que j’avais porté un pantalon rouge au bureau, tu avais aimé. Tu remarqueras que je ne t’ai jamais – oh grand jamais – titillé quand la France battait l’Italie au foot.

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Tu étais capable de sacrifice aussi pour défendre l’expertise. Regarde cette Une du CMA de février 1998. C’est pour moi la plus mémorable. Tu n’as pas hésité à sacrifier l’Italie pour faire plaisir aux Français et pour faire une prévision juste. Putain Luciano ! Qu’est-ce qu’on était bon en prévisions, en jouant collectif !

Tu ne craignais pas les contradictions. Après avoir été le haut parleur de la presse gratuite, tu es allé défendre la payante premium. Tellement tu aimais la presse. Le print, mais aussi le digital. Tu as rapidement pris le tournant du numérique. Tu insistais pour que le web ait sa place dans le CMA et tu as lancé le CMA.Net avec Caroline et Gilles. Je me souviens combien tu aimais la plume de Gilles et comment tu le lui disais. Maintenant Gilles écrit des livres sur le Web… En arrivant au Figaro, tu as vite lancé les Digital Day. C’est sur Facebook que tu m’as annoncé en mars dernier que tu avais une rechute, alors que tu me souhaitais gentiment mon anniversaire et que j’étais …en Italie.

Et maintenant voilà que nous te rendons tous hommage en ligne.

Mais, rassure-toi Luciano, Internet n’a pas encore dévoré le print. J’ai récemment lu une étude qui montre une tendance à la baisse du livre numérique…

Et moi, qui vient de la télé et qui aime la télé, c’est beaucoup grâce à toi, à Carat Expert et aux CMA que je m’épanouis en ce moment, en travaillant pour une belle marque de presse. Grâce à ton partage, ton respect, ta confiance, ta pugnacité, tes comités de rédaction, ta verve et ta plume. Ces publications que nous réalisions collectivement, sous ta houlette, c’était du bonheur de travail, Luciano. Et la terrible ironie du sort, pour moi, est que tu es parti le jour où mon premier dossier print dans CB sortait dans les kiosques, mon 1er dossier print depuis plus de 10 ans ! Le précédent était avec toi, mon ami. Et j’aurais aimé avoir ton avis.

Un dernier souvenir que m’a soufflé Ingrid la discrète… A St Martin, j’étais ravi de te renvoyer tes smashes de ping-pong. Ca t’énervait un peu mais je sentais que tu étais heureux que les échanges durent. »

Emmanuel Charonnat

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Voici une petite rétrospective des Carat Médias Actualités, dont Luciano était le Rédacteur en chef…

 

1996/1997 : les premiers numéros dans un style très épuré (ci-contre)

 

1997/1998 : les photos font leur apparition sur la couverture (ci-dessous à gauche)

 

1999/2001 : nouvelle formule, le titre devient bimestriel

(eh oui c’était dur le rythme mensuel !)

 

En 2000, le CMA intègre un supplément dédié à l’expertise interactive, le CMA.NET

(ci-dessous à droite)

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Début de l’édito du n° d’octobre 2001 :

« L’épouvantable massacre du 11 septembre n’a pas seulement semé le désarroi parmi les citoyens des démocraties occidentales. Il a également prouvé le rôle désormais irremplaçable des grands médias dans ces mêmes démocraties (…) »

 

A partir de 2002, encore une nouvelle formule, et le CMA devient trimestriel : printemps, été, automne, hiver.

Luciano terminait son édito du numéro 50 (automne 2004) par ces mots :

 «(…) Nous aimons la presse quotidienne, nous souhaitons qu’elle redevienne prospère ! »

 

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